Arvida l'histoire

Arvida a été construite en quatre phases. La première, amorcée pendant l’été 1926, a engendré, pendant que l’usine produisait ses premiers lingots et que l’on édifiait aussi ses premières églises et écoles, 270 maisons en 135 jours. Dans le grand plan urbain, établi sur les 2 400 hectares acquis par l’entreprise pour bâtir sa métropole aluminière, les secteurs les plus près de l’usine ont pour ainsi dire surgi de terre. Mais l’histoire d’Arvida avait commencé bien avant…

Arvida tient en effet ses dispositions exceptionnelles des aptitudes originales de ses fondateurs, piliers d’une entreprise elle-même peu commune : dès la fin du XIXe siècle, l’aluminière, du fait de ses ressources premières, est en effet une multinationale qui transporte ses quelques artisans aux quatre coins de la planète. Les Davis, Fickes et autres qui créent Arvida ont fréquenté les moindres recoins de la filière française de l’aluminium; ils ont inventé Moengo, au Suriname, Mackenzie, en Guyane, ont décrié les dortoirs et les logements de Massena, aux États-Unis, admiré les cités-modèles chocolatières de l’Angleterre et contemplé celles nées, en Norvège, de l’hydroélectricité. Dans sa ville éponyme, au Tennessee, Alcoa a, en 1919, été jusqu’à vendre des maisons à ses travailleurs afro-américains : « c’est ici que nous sommes tous égaux », a-t-on entendu dire. Pas étonnant que Wake, responsable de la construction d’Arvida, y propose des maisons inspirées par « le type courant de la province de Québec ». Il s’agit de produire un habitat désirable, propice à engendrer l’appartenance des travailleurs, dans un milieu de vie qui ne discrimine pas entre eux. Si ce n’est d’une vingtaine de maisons réservées aux travailleurs plus mobiles, aucune habitation d’Arvida n’affirme quelque statut social, comme aucune classe ou race n’est cantonnée dans un quartier. Dans la cité qui compte bientôt une trentaine de nationalités, c’est plutôt l’appartenance religieuse qui polarisera les populations d’allégeance plutôt catholique ou protestante. Ainsi le projet de provenance multinationale s’est-il, peu à peu, avéré de plus en plus canadien, de plus en plus québécois, et de plus en plus arvidien.

L’histoire d’Arvida est ainsi devenue celle des hommes et des travailleurs, du novateur Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, créé en 1937, des conflits de travail et des célébrations, de l’Hymne d’Arvida, composé pour le 25e anniversaire de la cité, et de tous ceux qui ont quitté ce doux berceau pour d’autres sites aluminiers, sis aux quatre coins du monde. De fait, quand, en 1948, s’est annoncée la quatrième phase de construction de la cité, qui verra s’élever sur ce même plan des maisons dorénavant bâties à l’initiative de particuliers, Arvida, devenue ville, capitale et métropole, avait rempli toutes les promesses qu’esquissait son ultime dessein. Grâce à sa conception intégrée unique en 1925, l’usine a vite atteint des sommets de production, jusqu’à devenir, en 1942, la plus importante au monde. Elle s’est maintenue à ce rang de la production aluminière mondiale pendant plus de trente ans. Autour de l’aluminerie Arvida AP60, qui commémore aujourd’hui cette riche et tumultueuse histoire, les Arvidiens d’aujourd’hui témoignent...

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