Niveau provincial

Le 5 juillet 2017, le ministre de la Culture et des Communications, monsieur Luc Fortin, a recommandé au gouvernement du Québec de déclarer le site patrimonial d’Arvida, ce qui constitue le plus haut niveau de reconnaissance et de protection patrimoniale à l’échelle du Québec. 
Le site patrimonial d'Arvida en voie d'être déclaré

En 2013, Saguenay avait en effet déposé un dossier auprès du ministère de la Culture et des Communications du Québec afin de demander que soit déclaré le site patrimonial d’Arvida en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Ce statut légal, qui correspond à celui des arrondissements historiques anciennement classés en vertu de la Loi sur les biens culturels (remplacée en 2012 par la Loi sur le patrimoine culturel) qui est assorti de mesures de conservation raffinées, vise à faire valoir que la connaissance, la protection, la mise en valeur et la transmission de cet ensemble urbanistique et architectural, ainsi que de son histoire, présentent un intérêt public de portée nationale.

Saguenay propose que l’intérêt d’Arvida, selon les termes du gouvernement du Québec, repose à la valeur à la fois urbanistique, architecturale, technologique, identitaire, historique, emblématique, ethnologique et paysagère d’Arvida. Plus précisément, la demande soumise par la Ville a mis de l’avant la qualité de :

  • Son urbanisme, fruit d’une synthèse exceptionnelle entre des courants mondiaux et le milieu local, dont une planification urbaine déployée à partir d’un plan graphiquement et conceptuellement original et lisible dans le tracé des rues, dans la répartition du parcellaire et dans l’ordonnancement diversifié des paysages bâtis et végétalisés.
  • Son habitat ouvrier, particulièrement diversifié et égalitaire, constitué de maisons unifamiliales pavillonnaires conçues à partir de 125 plans types afin d’accueillir non seulement les employés spécialisés ou les dirigeants, mais tous les travailleurs.
  • L’architecture des bâtiments institutionnels et de ses infrastructures industrielles, faisant état de démonstrations d’ingénierie et d’explorations stylistiques originales, particulièrement en matière de néo-vernaculaire.
  • Le chantier de construction systématique et innovant qui a prévalu à la réalisation de la ville; ce chantier a en effet tiré profit de la construction en charpente de bois pour standardiser les composantes architecturales prédécoupées et simplement assemblées sur chaque parcelle.
  • L’histoire de la « capitale mondiale de l’aluminium », exemple éminent à la fois d’un établissement humain caractéristique du développement de la civilisation industrielle du XXe siècle et de l’utilisation des ressources naturelles qui a prêté vie au Québec tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Par rapport aux sites patrimoniaux classés du Québec, tel l’Arrondissement historique du Vieux-Québec, celui d’Arvida se distingue par son étendue et par le nombre de propriétaires différents qu’il fédère. Néanmoins, la protection à la pièce de chacun des éléments architecturaux, urbanistiques ou paysagers qui le composent, dont plus de 37 hectares d’espaces verts, ne serait ni significative, ni complète. La question du patrimoine arvidien en est en effet une de gestion urbaine, qui convoque le développement économique, les techniques de conservation, l’urbanisme, la participation sociale, la valorisation, l’information et la communication : le territoire est habité et approprié, et sa transmission constitue un enjeu tant social que culturel. Aussi Saguenay et ses partenaires, qui ont appuyé la demande de déclaration en grand nombre, espère-t-elle pouvoir renouveler de cette façon la collaboration qu’elle entretient de longue date avec les autorités provinciales dans la protection, la mise en valeur, la connaissance et la reconnaissance d’Arvida : ce patrimoine est en effet celui, non seulement des Arvidiens d’aujourd’hui, mais de tous ceux qui, au Québec ou ailleurs, s’en veulent les porteurs et les légataires.

  Site officiel de la Ville de Saguenay